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#PopulationMatters — Seconde partie : les cadres
#PopulationMatters — Seconde partie : les cadres

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Si c’est le néomalthusienisme à peine voilé de l’ONG qui interpelle dans la première partie, la particularité des profils marque celle-ci. En effet, la majorité des dirigeants ont été anoblis, comme souvent en milieu environnementaliste. Logique, l’écologie étant un projet élitaire.

Les patrons de Population Matters

Nous rapportons ici plusieurs profils des patrons de l’ONG Population Matters. Les deux premiers présentés figuraient déjà auprès de Greta Thunberg dans une vidéo que nous avions rapportée, « Plea for the Planet » :

  • Sir David Attenborough, 96 ans, bardé d’honneur divers, dont ceux ici rapportés : Ordre du Mérite (OM), Compagnon de l’Honneur, Commandeur de l’Ordre Royal Victorien, Commandeur du Most Excellent Order de l’Empire britannique, fellow de la Société royale, fellow de la Société zoologique de Londres, et fellow de la Société royale des arts. Cette liste n’est pas exhaustive. Nous renvoyons le lecteur à sa fiche sur Sourcewatch ou Wikipédia, qui fournissent des informations complètes. Attenborough est intervenu au Forum de Davos en 2019.
  • Dame Jane Goodall, 88 ans, cf. l’article que nous lui avons consacré le 8 juin dernier.

Tous nos problèmes environnementaux deviennent plus faciles à résoudre avec moins de personnes, et plus difficiles – et finalement impossibles – à résoudre avec toujours plus de personnes.

Sir David Attenborough, cité sur Population Matters

Parmi les autres profils, signalons :

  • Paul Ehrlich, 90 ans, foreign member de la Société royale et figure centrale du néo-malthusianisme avec son livre La bombe P (The Population Bomb, 1968). Il demeure la référence de l’ONG Friends of the Earth, proche de Population Matters. Il est par ailleurs le fondateur de Zero Population Growth, membre du directoire honoraire de la David Suzuki Foundation, et fut conseiller stratégique de The Natural Capital Project. Le nom de cet organisme et de ses fondateurs (Université de Stanford, The Nature Conservancy et le WWF) disent tout : travailler à la financiarisation du vivant et des services écosystémiques, en d’autres termes attribuer une valeur marchande à la nature et la transformer en produits financiers cotés sur les marchés.
  • Malcolm Potts, 87 ans. Nous retiendrons, grâce à Sourcewatch, qu’il dirigea pendant une décennie la Fédération internationale du planning familial, où il introduisit les méthodes de planning familial dans les notes des pays en développement.
  • James Lovelock, 102 ans, Compagnons de l’Honneur, Commandeur du Most Excellent Order de l’Empire britannique, fellow de la Société royale. Avec Lynn Margulis, Lovelock est à l’origine de l’hypothèse Gaïa. Il fut par ailleurs fellow de la Lindisfarne Association de William Irwin Thompson, que Maurice Strong a présidée pendant plusieurs années. Comme David Suzuki, Lovelock fut en outre conseiller honoraire d’une organisation New Age au titre sans équivoque, le World Pantheist Movement, présidé par Paul Harrison, lauréat du Global 500 du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE). Outre sa tribune publiée dans The Guardian du 2 novembre 2021ci-dessous, au journaliste Stephen Sackur de la BBC lui demandant « Alors quel est selon vous le chiffre viable que la planète Gaïa peut supporter ? », Lovelock répondait en août 2009 :

Je pense que, vivant de la manière dont nous vivons, nous ne devrions pas être plus d’un milliard, probablement moins, et c’est très important.

James Lovelock, 2009

Dans le cas où je me réincarnerais, j’aimerais revenir sous la forme d’un virus mortel, pour contribuer à résoudre la question de la surpopulation.

Prince Philip, 1988
L’influent Sir Jonathon Porritt
Le tout avec un humour « so british »

Sir Jonathon Porritt, 71 ans, préside Population Matters depuis 2018. Sa présentation sur le site du trust précise qu’il est commandeur du Most Excellent Order de l’Empire britannique. Dans les faits, les recherches que nous avons menées sur lui révèlent un parcours et une influence bien plus étendus. Par comparaison, disons qu’il possède un profil « à la Maurice Strong ». Plus précisément, il possède probablement le pedigree le plus fourni que nous ayons eu à traiter à l’exception de Strong. Les deux hommes ne sont d’ailleurs pas étrangers. Suite à la COP21, survenue juste après le décès de Maurice Strong, le SUNx Program (SUN pour Strong Universal Network) a vu le jour avec son concept lié d’impact travel (à distinguer de l’éco-tourisme), conciliant tourisme mondial et développement durable. L’idée est venue de Geoffrey Lipman, actuel membre du Forum de Davos, qui a initié le concept de tourisme durable dès 1991, après des échanges avec Maurice Strong mais également Jonathon Porritt.

En sus, donnons un aperçu des autres activités présentes et passées de Porritt : directeur et fondateur du Forum for the Future 7, une organisation qui vise à conduire (« accélérer ») le changement en faveur d’un « avenir durable » et revendique travailler avec des entreprises, des gouvernements et des ONG 8. Sa fiche Wikipédia souligne qu’il « contribue fréquemment à des magazines, journaux et livres, et apparaît à la radio et à la télévision ». Directeur de la branche britannique de Friends of the Earth de 1984 à 1990, il fit passer l’ONG de 12 700 à 226 300 membres. En 1987, il publia le Friends of the Earth Handbook. Porritt a par la suite (1991 – 2005) intégré la branche britannique du WWF, dont il fut un administrateur. Il a par ailleurs assisté au Sommet de Rio de 1992 et a écrit une introduction pour The way forward : beyond Agenda 21, qui analysait les réussites et les échecs du sommet cinq ans après. Pour le gouvernement britannique, Porritt a présidé la Commission sur le développement durable en juillet 2000. Il est en outre auteur de livres, le dernier s’appelant Hope in Hell. A decade to confront the climate emergency, au titre aligné sur l’Agenda 2030. Il est aussi conseiller chez Planetari, une plateforme qui vise à fournir du contenu éducatif aux enfants pour qu’ils « prennent soin de la planète ».

Mais surtout, Porritt fait est membre du bureau consultatif de l’ONG Stop Ecocide International, la principale organisation qui vise à faire reconnaître juridiquement le crime d’écocide et dont les réseaux de pression sont tentaculaires. Il figure également parmi les personnalités qui soutiennent une loi sur le sujet. Ce concept a été pour la première fois employé en 1970, et traitait de la destruction des écosystèmes par l’Agent Orange. Dès 1972, l’idée a été reprise à la Conférence de Stockholm par Olof Palme, alors Premier ministre suédois et proche de Maurice Strong. L’un des initiateurs de l’idée d’écocide est Richard Falk, une personnalité New Age membre de nombreuses organisations, et entre autres fellow, comme Lovelock, de la Lindisfarne Association.

Le groupe d’experts conseil

Plusieurs noms de ce groupe font le liant entre Population Matters et deux autres organisations :

  1. le Global Footprint Network, dont Population Matters fait la promotion active et qui se trouve au cœur de notre article sur le Jour du Dépassement
  2. le Club de Rome, reine-mère des organisations néomalthusiennes.
  • Ugo Bardi : membre à part entière du Club de Rome. Il est par ailleurs l’auteur d’un livre, The Limits to Growth Revisited (2011), relecture recontextualisée du célèbre rapport Meadows.
  • Herman Daly, membre honoraire du Club de Rome. ancien économiste senior au service environnement de la Banque mondiale (1988 – 1994) et cofondateur de la revue Ecological Economics. L’Enrich List l’a classé 2e personnalité la plus inspirante sur les questions d’un avenir durable. Présenté comme le « père de l’économie écologique », il figure parmi les membres du conseil consultatif en science et politique du Global Footprint Network.
  • Mathis Wackernagel, fondateur de l’ONG Global Footprint Network et membre à part entière du Club de Rome. Rappelons ici que Wackernagel a reçu de nombreuses distinctions de structures environnementalistes, parmi lesquelles une autre ONG néomalthusienne majeure, le WWF.
  • William Rees, directeur de thèse de Mathis Wackernagel et co-créateur de l’Ecological Footprint du Global Footprint Network, dont il est membre au même titre qu’Herman Daly. Rees. Il est en outre directeur fondateur de One Earth Initiative, une ONG qui demande le passage à 100% d’énergies renouvelables tout en protégeant et restaurant les terres et les mers.
  • Laurel Hanscom, PDG du Global Footprint Network et ancienne du bureau de l’information, recherche & planification stratégiques au quartier général de Peace Corps à Washington DC. Peace Corps émane du gouvernement américain, fondée en 1961 et qui est intervenue dans plus de 140 pays. Le Président des États-Unis nomme le directeur et le vice-directeur de l’organisation, nominations qui doivent ensuite être confirmées par le Sénat américain.

7 – Forum for the Future a été cofondé avec Sara Parkin (ancienne présidente de Population Matters, membre du groupe consultatif de Population and Sustainability Network, membre du comité directeur environnemental de Climate Care) et Paul Ekins (directeur fondateur de l’imposante New Economics Foundation, ancien administrateur des Right Livelihood Award, ancien conseiller honoraire de The Other Economic Summit USA, ancien membre du comité directeur environnemental de Climate Care).

8 – Parmi les très nombreux noms figure le David Rockefeller Fund.

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