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The Great Narrative ou les promesses de Davos — Deuxième extrait
The Great Narrative ou les promesses de Davos — Deuxième extrait

The Great Narrative ou les promesses de Davos — Deuxième extrait

Un nouveau monde – non une « nouvelle normalité » – émerge désormais, dont les contours seront largement définis par les narratifs élaborés pour informer et construire l’avenir.

Klaus Schwab et Thierry Malleret  – The Great Narrative (page 12)

The Great Narrative présente les problèmes/défis du monde post-COVID comme découlant principalement d’une croissance économique insoutenable (à comprendre comme l’opposée de « durable », en anglais sustainable), des rivalités géopolitiques, de la dégradation environnementale, des inégalités, des pandémies et des cybercrimes. Par conséquent, tout évènement significatif appartiendrait à l’une des cinq « macro-catégories » suivantes : économie, environnement, géopolitique, société et technologie 4. Dans leur langage de mauvais communicants, les auteurs proposent donc une « marche à suivre », des solutions qui passeraient par un monde plus résilient, plus collaboratif, plus durable et plus équitable – une fumisterie dont la « bienveillance » transpire dans chaque page de COVID19 : The Great Reset et dans l’action des Young Global Leaders de Klaus Schwab durant le COVID.

Davos est la plus grande opération de lobbying au monde. Les gens les plus puissants se réunissent derrière des portes closes, en totale opacité, et ils écrivent les règles pour le reste du monde.

Peter S. Goodman – Davos Man: How the Billionaires Devoured the World (page 6)

Quiconque connaît a minima l’activité de Davos, le profil de Klaus Schwab et l’influence de son écosystème – révélée plus amplement à la faveur du livre COVID19 : The Great Reset – comprendra que ce projet s’adresse à ses seuls bénéficiaires. Samuel Huntington, connu essentiellement pour Le choc des civilisations, a créé en 2004 le terme de « Davos Man ». Dans son récent essai (2022) adoptant ce nom, le journaliste du New York Times Peter S. Goodman apporte des précisions :

[Huntington] a employé ce terme pour décrire ceux tellement enrichis par la mondialisation et à l’origine de ses mécanismes qu’ils sont véritablement apatrides, avec une fortune et des intérêts qui circulent par-delà les frontières, leurs propriétés et leurs yachts disséminés à travers les continents, leur armée de lobbyistes et d’experts-comptables enjambant les juridictions, éliminant la loyauté à l’égard d’une nation donnée. L’étiquette d’Huntington se rapporte à quiconque a régulièrement entrepris un voyage à Davos pour assister au Forum, et à leur intégration aux travaux qui valident leur statut de vainqueur dans la vie moderne. […].

Peter S. Goodman, Davos Man: How the Billionaires Devoured the World, Custom House, 2022, p.5. 5

Pour sa part, Goodman définit l’archétype « Davos Man » de manière plus concise : « un prédateur insolite dont le pouvoir provient en partie de sa vive aptitude à adopter le déguisement d’un allié » et dont l’action se déploie et s’étend progressivement depuis un demi-siècle. Ceci, au point qu’en 2020 près de 120 milliardaires se sont rendus au Forum de Davos, totalisant une fortune d’un demi-trillion (un trillion représente mille milliards) de dollars.

Quoiqu’il en soit, The Great Narrative présente, selon Klaus Schwab et Thierry Malleret, des « narratifs optimistes construits autour » de la réécriture en cours des règles qui régissent notre économie et notre société. Leur programme se décline en sept thématiques qui seront les pierres angulaires de ce grand narratif dystopique.

4 – L’aspect perpétuellement idéologique de Davos réapparaît dès ses premières propositions. Pour des auteurs qui prétendent fonder leur argumentaire sur la science, il semble ainsi détonnant de lire que le World Economic Forum (WEF) souhaite par exemple remplacer les énergies fossiles par divers types de renouvelables ou d’énergies à bas-carbone. Le coût environnemental réel de ces « renouvelables » et leur efficacité limitée en raison de leur caractère intermittent, documentés depuis plusieurs années, sont ici mis sous le tapis de la finance verte.

5 – Goodman ajoute : « Mais avec les années, l’étiquette Davos Man s’est élargie pour devenir un fourre-tout utilisé par les journalistes et les universitaires pour ceux qui occupent la stratosphère de la classe des globe-trotters, les milliardaires – principalement Blancs et masculins – qui exercent une influence inégalée dans le monde politique tout en promouvant un principe qui a acquis une force décisive dans les plus grandes économies : lorsque les règles sont articulées autour d’une plus grande prospérité pour ceux qui en jouissent déjà, tout le monde gagne. Davos Man et ses hommes de main – lobbyistes, think tanks, des bataillons de types des relations publiques, et des journalistes obséquieux qui font primer l’accès au pouvoir sur la vérité ont fermement perpétué cette idée, en dépit de preuves accablantes du contraire. »

Malgré d’excellents éléments – notamment sur le profil psychologique de Klaus Schwab –, nous resterons circonspects sur la motivation réelle derrière l’écriture de Davos Man. Qu’il s’agisse d’un contre-feu pour mettre la lumière sur le fusible Schwab (qui manifeste son hubris de manière souvent trop visible et vantarde) et quelques milliardaires ou d’un règlement de comptes, les promoteurs de ce livre sont vite identifiés. Peter Goodman a été de ce fait interviewé par Democracy Now ! (réseaux Soros) ou encore par l’Institute for New Economic Thinking, dont George Soros (lui-même un fusible au service d’autres intérêts) est l’un des fondateurs (pour les « bienfaits » aussi nombreux que variés apportés par George Soros, cf. notre essai Soros l’Impérial, publié chez Perspectives Libres). Par ailleurs, lorsque Goodman mentionne Soros, incarnation de Davos Man, les termes sont loin d’être infamants : « George Soros, le trader financier et défenseur de la démocratie » (p.178). Côté milliardaires, les attaques de Goodman se concentrent essentiellement sur Jeff Bezos (Amazon), Jamie Dimon (JPMorgan Case Co.), Marc Benioff (Salesforce), Steve Schwarzman (Blackstone) et Larry Fink (BlackRock).

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